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 Policiers percutés à Cannes: "J'aurais dû mourir"

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MessageSujet: Policiers percutés à Cannes: "J'aurais dû mourir"   
Jeu 28 Fév - 21:17


Publié le jeudi 28 février 2013 à 07h10




À 36 ans, Michaël Fillon souffre de nombreuses séquelles. Il espère reprendre le travail en juin.

Gravement blessé dans l’accident, provoqué par un chauffard, qui a coûté la vie à son coéquipier le 22 septembre, Michaël Fillon sera décoré aujourd’hui par le préfet Il est sorti de l'hôpital il y a trois semaines à peine. Souffre d'importantes
séquelles physiques. À du mal à dormir parfois. À 36 ans, Michaël Fillon est un rescapé. Ce père d'un petit garçon de presque 8 mois était au volant du véhicule de police violemment percuté, le 22 septembre dernier, par la Mercedes d'Adel Briki,
un chauffard ivre et sous l'emprise du cannabis. C'était ses deux
dernières heures de service à la patrouille de nuit avant d'être muté au Quart.
Éjecté de la voiture, il a été grièvement blessé.
Souffrant notamment de multiples fractures à la cheville et aux
cervicales. À ses côtés, son coéquipier Amaury Marcel, 27 ans, a été tué sur le coup. Cinq mois après, Michael ne cesse d'y penser. Chaque jour.
Et apprend peu à peu à vivre avec. Conscient que ce jour-là, il aurait pu mourir lui aussi.
Il sera décoré aujourd'hui à 17 h 30 par le préfet des Alpes-Maritimes, Christophe Mirmand, lors d'une cérémonie au
commissariat de Cannes.
Comment allez-vous ?
Je vais bien. Je suis content car mon état de santé évolue dans le bon sens et je suis rentré chez moi auprès de ma famille il y a trois semaines, après trois mois et demi d'hospitalisation et un mois en hôpital. J'espère pouvoir reprendre le travail en juin.
Où en êtes-vous dans votre convalescence ?
Physiquement j'ai pas mal de séquelles qui apparaissent les unes après les autres.
Je suis placé sous la haute surveillance des médecins pendant six mois.
J'ai énormément de rééducation à faire, notamment pour la jambe et la cheville gauche. Je boite et je ne sais pas si un jour je pourrai remarcher comme avant… Mais ce dont j'ai le plus peur, ce sont les blessures aux cervicales. Elles entraînent une insensibilité dans les doigts qui pourrait s'étendre jusqu'à une paralysie totale. Mais pour l'instant ça n'évolue plus et c'est déjà bien.
Et moralement ?
C'est quelque chose qui vous marque à vie. Il ne se passe pas un jour sans que je pense à Amaury. Au début, on se pose des millions des questions puis on apprend à ne pas y répondre. Aujourd'hui je vais bien, même si je reste fragile. Je ne suis toujours pas rassuré lorsque je monte dans une voiture par exemple.
Êtes-vous repassé sur le lieu de l'accident depuis ?
Lorsque j'allais à l'hôpital de jour, je suis passé devant tous les jours. La première fois j'ai pleuré, ça a été très dur pendant une semaine. Mais j'étais obligé d'y repasser de toute façon. C'est un cap de plus de franchi. Le prochain que j'appréhende, c'est remonter dans une voiture de police.
Votre présence à la cérémonie funéraire d'Amaury quelques jours seulement après l'accident était un de ces caps ?
J'en avais besoin. C'était important pour moi, pour faire le deuil de mon collègue. Pour sa famille aussi, qui a toujours été très présente, qui est venue me voir à l'hôpital pour prendre des nouvelles, me rassurer.
Je suis toujours en contact avec elle.
Le frère d'Amaury - Yves - sera d'ailleurs à vos côtés cet après-midi ?
Oui, j'ai appris ça et j'ai été très ému qu'il se déplace.
Étiez-vous au courant que vous alliez être décoré ?
La commissaire divisionnaire Véronique Morandi m'en avait parlé. C'est sûr que ça fait toujours plaisir de recevoir une décoration mais j'aurais préféré ne pas l'avoir et que mon pote soit toujours là.
Vous êtes-vous senti responsable ?
Au début oui. Mais j'ai été beaucoup soutenu par mes proches, mes collègues, ma hiérarchie, notamment Mme Morandi qui est restée présente pour tout. Ça aide et ça permet d'avancer psychologiquement. On m'a dit que je n'y étais pour rien et ça m'a aidé. Comme de savoir qu'Amaury n'avait pas souffert.
Vous souvenez-vous de l'accident ?
Je n'ai plus aucun souvenir mais je me le suis raconté des millions de fois, je l'ai cauchemardé même. Je sais que j'ai eu une chance extraordinaire. Comme m'a dit le médecin du Smur, j'aurais dû mourir mais ce n'était pas écrit. Ce n'était pas mon heure.
L'actualité vous renvoie d'autant plus à ces souvenirs douloureux ?
Ce sont deux accidents très similaires, mes collègues de Paris n'avaient aucune chance. Je pense aussi à celui qui est toujours dans le coma, je sais la difficulté et la souffrance qu'il va endurer. Ces délinquants routiers n'ont aucun respect pour la vie et on n'est pas armé contre ce type de délinquance.
Serez-vous présent au procès d'Adel Briki ?
Oui.
Pour qu'il me voit, pour soutenir la famille d'Amaury… C'est un minimum. Je pense aussi à la petite Anissa, 22 ans, qui est morte. Elle est montée dans la voiture une demi-heure avant, elle n'avait rien demandé à personne.
Qu'attendez-vous de ce procès ?
J'ai toute confiance en les juges et je sais que le tribunal de Grasse fera son boulot comme il le faut. Mais sincèrement, si au début j'espérais qu'il prenne le max, aujourd'hui je me fous de savoir à combien il va être condamné. J'espère juste qu'il prendra conscience de ce qu'il a fait et qu'il vivra avec jusqu'à la fin de ses jours.
Et vous, parvenez-vous à « savourer la vie », comme vous a dit un des proches d'Amaury le jour des obsèques ?
Oui
et surtout, j'ai complètement recentré mes priorités. Lorsque vous voyez votre femme prendre un grand coup au moral et que vous ne pouvez rien faire, que vous ne voyez pas votre petit pendant 3 mois alors qu'il n'a que deux mois et demi… c'est très violent dans la tête. Et c'est aussi ce qui fait que vous vous accrochez. Aujourd'hui, chaque jour que je vis c'est du sursis. Il faut que je sois présent pour ma famille.

http://www.nicematin.com/cannes/policiers-percutes-a-cannes-jaurais-du-mourir.1159777.html
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